Résolutions
  • Voici mis à l'échelle 1:3 un aperçu des résolutions les plus courantes.
  • Le principal saut qualitatif se fait entre le PAL (ou SD, Définition Standard) et le HD. Le plus petit saut qualitatif est entre le 2K et le HD (à peine 6% de résolution en plus).
DCP
  • Le DCP (ou Digital Cinema Package, ou Cinéma Numérique) est la version numérique de la copie 35mm : c'est le format que supportent tous les multiplexes et un nombre croissant de petites salles.
  • Un DCP se présente sous la forme d'un dossier contenant des fichiers numériques. Il peut-être transporté par une clé USB (bande annonces...), un disque dur, internet, etc...
  • Les images sont encodées en JPEG-2000 : c'est un algorithme de compression très efficace, qui permet de rendre l'image plus légère sans perdre de détails visibles à l'oeil nu.
  • Un DCP est relativement léger : environ 300 GO pour un long-métrage, moins de 100 GO pour un court.
  • qualité
    10
  • fiabilité
    10
  • souplesse
    07
  • présent dans les grandes salles
    09
  • présent dans les petites salles
    02
Avantages
  • qualité exceptionnelle
  • robustesse : toute la chaîne du DCP est très solide, les salles équipées pour les lire sont susceptibles d'être soigneusement calibrées
  • reproductible à peu de frais : pour obtenir une copie d'un DCP non crypté, il suffit de copier le dossier du DCP d'un support vers un autre (par ex. : d'un disque dur vers un deuxième disque dur).
  • sous-titrage : il est possible d'ajouter des sous-titres à un DCP sans tout réencoder
Inconvénients
  • Pluralité des normes : le DCI (Digital Cinema Initiative), porté par les studios Hollywoodiens, a donné lieu au standard Interop, très rigide au niveau des cadences et des résolutions. Les normes de la SMPTE, très récentes (2010), ont largement ouvert le standard, introduisant notamment des cadences vidéo (25, 50 images par secondes, etc...). Tous les serveurs DCP n'ont pas forcément été mis à jour, et tous ne supportent pas forcément le 25 images par secondes.
    En pratique, les serveurs DCP rencontrés par Charbon, de Belgique, de France, d'Allemagne et de Norvège, XDC, Barco, et Doremi (qui représentent la grosse majorité des serveurs DCP d'Europe), supportent parfaitement le 25 images par seconde, en plus du 24.
    Par contre, les serveurs Qube ne supportent eux que le 24 images par secondes.
  • Support du sous-titrage : les normes de sous-titrage sont elles aussi passées de 'Interop' à 'Smpte' et le support de telle ou telle norme n'est pas garanti. Aujourd'hui, le seul moyen d'être sûr à 100% que les sous-titres ne poseront pas problème est de tester le DCP dans la salle où il sera diffusé, ou de 'brûler' (intégrer) les sous-titres à l'image (ce qui nécessite de refaire tout le travail d'encodage).
  • Cryptage : les DCP peuvent être cryptés, de manière à n'etre lisibles que par un serveur DCP bien précis, à un moment bien précis. Il faut alors délivrer des 'clés' (KDM, Key Delivery Message) qui posent parfois problème quand une erreur se glisse dans un numéro de série, dans une version de sous-titrage, etc...
35mm
  • Malgré une disparition annoncée depuis des années, la pellicule est encore très vivante, et apporte toujours son look unique.
  • qualité
    10
  • fiabilité
    10
  • souplesse
    01
  • présent dans les grandes salles
    10
  • présent dans les petites salles
    09
Avantages
  • le grain, la dynamique, le contraste, les couleurs, la fragilité...
  • universel
Inconvénients
  • S'abîme : contrairement à un support numérique, la pellicule se dégrade à chaque projection
  • Cher à reproduire
  • Cher à fabriquer
  • Lourd à transporter
Blu-Ray
  • C'est une révolution : pour la première fois dans l'histoire du cinéma, le grand public a accès à un medium d'une qualité proche de ce qui a été fait en post-production. La VHS, le DVD ont introduit de grands changements, mais restaient des supports de qualité médiocre par rapport aux masters numériques ou pellicules.
  • Le Blu-Ray à la fois le meilleur rapport qualité prix, et le support le plus susceptible de poser problèmes en projection (voir partie Inconvénients).
  • qualité
    08
  • fiabilité
    03
  • souplesse
    09
  • présent dans les grandes salles
    05
  • présent dans les petites salles
    07
Avantages
  • qualité : proche du master, haute définition, haute fidélité
    Lors de la deuxième projection de Screening Formats, les spectateurs-invités présents ont constaté l'étonnante absence de différences entre la HDCAM et le Blu-ray préparés par Charbon
  • reproductible à peu de frais
  • possibilité de visionner avec ou sans sous-titres
  • support du son surround (5.1, 7.1)
  • accessible aux salles modestes (mais équipées d'un projecteur HD). Pour une salle équipée d'un projecteur basse définition (SD, Standard Definition), mieux vaudrait encoder spécialement un Blu-Ray SD que de laisser le lecteur Blu-ray redimensionner du HD en SD.
Inconvénients
  • délicat à projeter : le Blu-Ray contient des dispositifs de projection anti-copie (HDCP). Il est ainsi impossible pour les projectionnistes de l'intégrer numériquement à leur circuit vidéo normal.
    Pour supporter beaucoup de formats, de cadences et de supports différents, la plupart des salles de cinéma et de festivals sont équipées d'appareils destinés à modifier le signal, convertir les formats, passer d'un cadre à l'autre, supprimer l'effet trapèze... Ces appareils ne sont généralement pas compatibles avec la sortie HDMI des lecteurs Blu-Ray.
    Beaucoup de salles utilisent donc un signal analogique composante. Ce signal est obtenu :
    • soit depuis le lecteur Blu-Ray lui-même (mais sous la pression des majors, les lecteurs les plus récents refusent d'envoyer un signal HD en analogique).
    • soit en utilisant un convertisseur hdmi/analogique du type HdFury
  • 24p : le 24 images par secondes, cadence habituelle du cinéma, est supporté par le Blu-ray, mais
    • seulement après avoir bien spécfiquement réglé le lecteur Blu-Ray pour envoyer le 24 images comme du 24 images (par défaut beaucoup de lecteurs enverront du 25 images, ce qui donnera des saccades dans les mouvements)
    • seulement en HDMI : le 24 images par seconde analogique n'existe pas. Il faut donc impérativement que le lecteur Blu-Ray et le projecteur soient reliés en HDMI
  • Certains projecteurs de cinéma sont spécifiquement conçus pour ne pas supporter le signal HDMI d'un Blu-Ray, justement pour éviter que les exploitants projettent des disques trouvés dans le commerce plutôt qu'obtenus au prix fort chez le distributeur.
  • fragile : le Blu-Ray a exactement la même apparence qu'un DVD ou qu'un CD. Il en partage donc les faiblesses : facile à rayer, à empoussiérer.
  • HDMI : la seule sortie numérique d'un lecteur Blu-ray est en général du HDMI. C'est un format grand public plutôt que professionnel, relativement peu courant sur les projecteurs de salle de cinéma, et qui supporte mal les longues distances (plus de quelques mètres), contrairement au SDI.
  • son surround : la plupart des lecteurs Blu-ray ont une sortie stéréo analogique, et envoient le son surround via la sortie HDMI. Il faut donc un système pour extraire le son multi-cannal du HDMI et l'envoyer au système d'écoute. C'est un appareil courant dans les Home-Cinema, plus rares dans les salles obscures.
  • En pratique : tous ces inconvénients font du Blu-Ray le support le plus susceptible de poser problèmes en projection. Si donc le choix se présente entre envoyer un DCP et un Blu-Ray à une salle inconnue, le DCP est un choix beaucoup plus sûr.
    Ceci dit, les seuls problèmes jamais survenus avec des Blu-Ray sortis de Charbon-Studio se sont produits dans des salles qui n'avaient pas l'habitude de projeter correctement des Blu-Ray.
  • Nécessite un mastering spécial pour obtenir la meilleure qualité possible, surtout pour les masters provenant de sources difficiles (ex. : S16mm pour le grain, Red pour le banding, etc...)
HDCAM
  • Le HDCAM, un manétoscope HD introduit par Sony dans les années 90, s'est imposé comme standard de diffusion et de conservation pour la télévision et les principaux festivals de cinéma.
  • Sa suprématie est aujourd'hui remise en cause par le DCP, le Blu-ray, et les PAD numériques MXF.
  • qualité
    08
  • fiabilité
    09
  • souplesse
    04
  • présent dans les grandes salles
    08
  • présent dans les petites salles
    04
Avantages
  • qualité : proche du master, haute définition, haute fidélité
  • robustesse : la cassette, le magnétoscope sont très résistants. Le signal est transmis en SDI, la norme professionnelle de transport du signal vidéo (≠ HDMI, la norme grand public de transport du signal vidéo), qui permet une transmission sans perte, sans drop, sur de longues distances. La plupart des festivals, des studios de post-production et des télévisions utilisent le SDI.
Inconvénients
  • Assez cher à reproduire
  • La résolution n'est que de 1440x1080 pixels, ce qui nécessite de réduire le signal HD (1920x1080). Des problèmes peuvent survenir, en particulier sur les diagonales très nettes.
  • Le coût du magnétoscope le réserve aux télévisions et structures fortunées.
HDCAM-SR
  • Le plus haut de gamme des magnétoscopes de Sony n'est employé comme support de diffusion que dans les principaux festivals de cinéma.
  • qualité
    10
  • fiabilité
    10
  • souplesse
    04
  • présent dans les grandes salles
    05
  • présent dans les petites salles
    00
Avantages
  • qualité : très proche du master, haute définition, très haute fidélité. La profondeur des couleurs et la pleine définition de l'image sont conservées.
  • robustesse : la cassette, le magnétoscope sont très résistants. Le signal est transmis en SDI, la norme professionnelle de transport du signal vidéo (≠ HDMI, la norme grand public de transport du signal vidéo), qui permet une transmission sans perte, sans drop, sur de longues distances. La plupart des festivals, des studios de post-production et des télévisions utilisent le SDI.
Inconvénients
  • Cher à reproduire.
  • Très cher à diffuser.
HDV
  • Le moins cher et le moins bon des formats HD sur bande. Le HDV présente beaucoup moins d'intérêt comme support de diffusion depuis que les Blu-Ray sont accessibles.
  • qualité
    05
  • fiabilité
    04
  • souplesse
    04
  • présent dans les grandes salles
    01
  • présent dans les petites salles
    05
Avantages
  • haute définition (comme la hdcam, 1440x1080)
  • peu onéreux à l'achat, donc accessible aux salles modestes
Inconvénients
  • L'image est fortement compressée, ce qui peut se voir dans les aplats et/ou les zones très détaillées et/ou les mouvements rapides
  • Support fragile, sujet aux drops (petits freezes ou petits carrés apparaissant à l'image)
  • Cablé souvent en analogique plutôt qu'en numérique
Beta-digit
  • La Beta-digit (ou Betanum, ou Betacam numérique, ou Digital betacam) s'est imposée en tant que standard un peu partout. Tout comme le hdcam, c'est un magnétoscope numérique lancé par Sony dans les années 90. Mais contrairement au hdcam, il ne fonctionne que en SD.
  • qualité
    04
  • fiabilité
    09
  • souplesse
    04
  • présent dans les grandes salles
    10
  • présent dans les petites salles
    08
Avantages
  • la plus haute qualité de la définition standard
  • robustesse : la cassette, le magnétoscope sont très résistants. Comme le hdcam, le beta-digit peut envoyer le signal en SDI
  • plus répandu que le hdcam car nettement moins cher
Inconvénients
  • En définition standard seulement : 400 000 pixels seulement (contre 2 millions en HD)
  • Assez cher à reproduire
Beta-sp
  • La Beta-sp (ou Betacam), apparue dans les années 80, a résisté jusqu'à aujourd'hui tant c'est un format répandu.
  • qualité
    03
  • fiabilité
    04
  • souplesse
    04
  • présent dans les grandes salles
    10
  • présent dans les petites salles
    10
Avantages
  • peu onéreux, très répandu
  • robuste malgré son âge
Inconvénients
  • En définition standard seulement, en analogique seulement
  • Usure du parc de matériel : mal entretenu, un Betacam SP peut donner une image âbimée.
  • Assez cher à reproduire
DV
  • Le DV (Digital Video, variantes : DVCAM, miniDV), est le standard qui a rendu accessible la vidéo numérique. Il a aujourd'hui un peu vieilli, mais reste de meilleure qualité que le DVD.
  • Pour une projection mieux vaut privilégier un magnétoscope DV, plus robuste et susceptible d'être mieux câblé qu'une caméra DV.
  • Il n'y a pas de différence de qualité entre le DV et le DVCAM. Le DVCAM est simplement un peu plus robuste, car il utilise plus de bande pour stocker la vidéo.
  • qualité
    03
  • fiabilité
    05
  • souplesse
    04
  • présent dans les grandes salles
    02
  • présent dans les petites salles
    07
Avantages
  • peu onéreux, très répandu
  • meilleure qualité que le DVD
Inconvénients
  • En définition standard seulement, quasi tout le temps câblé en analogique
Supports informatiques
  • Quand un ordinateur est utilisé comme support de diffusion, toutes les résolutions et qualités d'images sont possibles, de la plus faible à la meilleure.
  • Mais tous les supports informatiques sans carte vidéo dédiée (Blackmagic, Aja, Matrox...) font face aux mêmes problèmes, et ne sont donc pas recommandés comme support de projection.
Avantages
  • Qualité : il est possible d'encoder des vidéos de qualité bien supérieure à un DVD, et légères à télécharger, en H264 (une variante du MP4)
  • Diversité : à partir du master du film, tous les encodages sont possibles : Quicktimes, AVI, FLV, MPEG-4, H264, etc....
  • Pluralité des modes de livraison : sur DVD 'data', par le web, par ftp, par mail, par clé USB, sur disque dur, etc... Les supports informatiques sont donc de plus en plus utilisés comme support pour les sélections en festival
  • Peu coûteux à transmettre et à diffuser.
Inconvénients
  • Cadence : la vidéo est à 25 images par seconde, le film à 24. Les écrans informatiques et les appareils mobiles fonctionnent eux à des fréquences comprises entre 60 et 120 Hertz. Vue la discordance de cadence, les mouvements ne seront généralement pas aussi fluides sur un support informatique.
  • Couleurs et gamma : les ordinateurs ne sont pas de fidèles lecteurs vidéos et distordent les couleurs et le gamma, y compris et même surtout les logiciels dont on attendrait le plus de fidélité : Quicktime, Final Cut Pro sans carte vidéo, Lecteur DVD, Itunes, etc.
DVD
  • Le plus répandu des standards, le passage obligé de toutes les productions, est aussi un des standards les moins fidèles.
  • qualité
    02
  • fiabilité
    04
  • souplesse
    10
  • présent dans les grandes salles
    07
  • présent dans les petites salles
    10
Avantages
  • très peu onéreux, universellement répandu
  • facile à versionner
Inconvénients
  • En définition standard seulement : 400 000 pixels seulement (contre 2 millions en HD)
  • Souvent câblé en analogique
  • Compression extrêmement forte de l'image
  • Nécessite un mastering pour obtenir la meilleure qualité possible
Station de montage
  • Le plus souvent un Mac Pro doté d'une carte vidéo (exemples : Blackmagic, Aja), et envoyant un signal SDI, HDMI ou Composante au projecteur.
  • L'utilisation d'une carte vidéo est indispensable. Des cartes vidéos USB permettent d'envoyer le signal en SDI, ce qui rend possible d'utiliser des ordinateurs plus portables qu'une tour (exemples : MacBook Pro avec une Matrox MXO, ou PC portable avec un Blackmagic Ultrastudio ou Intensity Shuttle).
  • Sans carte vidéo, on revient dans le domaine des supports informatiques, beaucoup plus problématiques.
  • Une technique très utilisée dans les écoles de cinéma et certains festivals.
  • qualité
    09
  • fiabilité
    04
  • souplesse
    09
  • présent dans les grandes salles
    02
  • présent dans les petites salles
    03
Avantages
  • haute qualité : une station de montage lit directement le master quicktime ou avi ou mxf
  • beaucoup moins cher qu'un HDCAM tout en étant de meilleure qualité
  • peu de frais à prévoir pour une projection dans une salle déjà équipée : il suffit de copier le master sur la station
  • souple : facile d'afficher telle ou telle piste de sous-titres, de diffuser telle ou telle version du son
Inconvénients
  • lourd à mettre en place si la salle n'est pas déjà équipée de sa station de montage
  • aussi fiable que l'est l'ordinateur. Mais les ordinateurs sont plus susceptibles que les magnétoscopes d'interrompre une projection.